25 Jun
25Jun

À chaque épisode de canicule, le même débat ressurgit : faut-il généraliser la climatisation ou la bannir au nom de l'écologie ? Je refuse cette opposition stérile. 

La réalité est plus complexe et exige des réponses de bon sens. Le dérèglement climatique est une réalité. Les vagues de chaleur seront plus fréquentes et plus intenses. Les gouvernements successifs n'ont pas suffisamment anticipé cette évolution.

 Aujourd'hui, notre responsabilité est de protéger les plus fragiles. C'est pourquoi je considère que les EHPAD, les hôpitaux, les cliniques, les maternités, les crèches ainsi que les écoles maternelles et élémentaires doivent être équipés prioritairement de systèmes de climatisation performants. Il s'agit d'une mesure de santé publique, non d'un luxe.

En Corrèze, territoire rural longtemps épargné par les fortes chaleurs, nous constatons désormais que les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et plus intenses. Nos collectivités doivent être accompagnées financièrement pour adapter leurs bâtiments publics et protéger les usagers comme les agents. Les communes rurales ne peuvent pas assumer seules cette transition. 

Mais climatiser ne peut pas être l'unique réponse. Nous devons également repenser notre façon de construire. Les bâtiments de demain doivent rester confortables même lors des fortes chaleurs grâce à une meilleure isolation, une architecture bioclimatique et des matériaux adaptés. L'objectif est simple : limiter le recours à la climatisation sans sacrifier le confort.

Nos villes et nos villages doivent également évoluer. Il faut un véritable plan national de végétalisation. Partout où cela est possible, plantons des arbres ! Ils constituent notre meilleure climatisation naturelle, améliorent la qualité de vie et rendent nos espaces publics plus agréables. 

La question de l'eau devra aussi être abordée avec courage. Le stockage hivernal de l'eau, lorsqu'il est compatible avec les équilibres environnementaux, mérite d'être étudié. La gestion de cette ressource deviendra l'un des grands défis des prochaines décennies.

 Enfin, personne ne peut ignorer la question de notre production électrique. Les fortes chaleurs mettent déjà sous tension certaines installations, notamment lorsque le réchauffement des cours d'eau limite le refroidissement des centrales nucléaires.

Adapter notre modèle énergétique est désormais une nécessité

L'écologie ne doit pas devenir une politique d'interdictions permanentes, pas plus qu'elle ne doit ignorer les réalités sanitaires. Je défends une écologie de responsabilité, qui protège les personnes tout en préparant l'avenir. 

Protéger les plus fragiles, adapter nos territoires et préserver notre environnement : voilà le chemin d'une écologie humaniste et pragmatique. 

Olivier BONNIE-BORDERIE
Président de 100 % Corrèze